Béa

A la vue des "explorateurs de l'espace", on reste sans voix ! Et soudain, les mots reviennet ! Quelle performance d'acteur ! Quelle magie dans les décors !

Nous retiendrons LA scène du feu ("must be" s'il en fut), la tristesse qui émane de tout le passage, le jeu poignant, profond même, du comédien qui s'est impliqué dans son rôle, qui en a exprimé toutes les nuances : des bégaillements initiaux (et c'est toute une lignée de naufragés qui transparait derrière le personnage ; on pense à Ulysse, Robinson, Tarzan d'une certaine manière !) des bégaillements initiaux dis-je jusqu'à l'émotion qui nous étreint a l'apparition de la phrase déjà culte du film "Nono, nono, viens avec moi on retourne sur PX-2" ! Un jeu époustouflant, sublime ! On retiendra encore la démarche vascillante de Spouk, incarnation de l'essence du personnage, l'indigène-yeti, figure ambivalente faite d'exclusion et de communication (car le docteur N le comprend ! )

Et ce n'est pas tout, comment parler des "explorateur de l'espace" sans évoquer le tournant emblématique du film, l'appropriation symbolique de la planète glacée, initialement hostile et dont la pesanteur même était si différente de la nôtre que les pas se transformaient en bonds, puis progressivement colonisée et où les explorateurs peuvent enfin marcher librement se jouant même des lois de la physique ! Symbole de la soumission de la nature au génie humain, symbole aussi de la compréhension entre les hommes (rappelons que ce tournant s'effectue à l'arrivée de Steevie), l'explorateur esseulé a servi d'exemple et avec lui les autres ont appri a progresser dans leur vision de la physique : pesanteur toute-puissante enfin surpassée, engins motorisés à essence capables de rouler sur les routes enneigées...

Ainsi, c'est toute une thématique de l'exclusion et de la communication qui se met en place, l'hostilité des lieux place au premier plan la fraternisation entre les hommes et les créatures, on sent toute l'originalité de l'oeuvre qui s'oppose à la thématique de l'autochtone-esclave si courante dans ce type de récit en une vision moderne de cohabitation, doublée d'un éloge a la science triomphante dans son combat contre les éléments naturels et l'hostilité des lieux.

Valid XHTML 1.0!